Concours international de poésie
« Matiah Eckhard» 2026
Mentions spéciales « Lycée »
Dysphorie
Le soir est mon grand ennemi,
Au moment où la lumière s’évanouit,
La journée passe et disparaît comme l’euphorie
La nuit prend sa place et me laisse la dysphorie.
Lorsque je pleure, mon âme se fend,
Et un violent torrent de colère noire
S’écoule de mon cœur sanguinolent
Me noyant sous les vagues de désespoir
Les plaintes lancinantes qu’émet ma voix
Sont des appels désespérés et pleins d’émoi
Chaque sanglot comprime mon cœur
Je ne ressens que la douleur
Mais même si, pour moi, maintenant
Les temps sont bien noirs
Je me réconforte en pensant
Que l’avenir me réserve de l’espoir
Deux cicatrices écarlates,
Seront le prix de ma liberté
Marqueront ma peau mate,
Sans jamais m’offenser.
Noémie BOURGEOIS,
17 ans, Lycée polyvalent Nevers (Montpellier)
Une lumière dans le noir
Il y a en moi un bruit constant,
Une douleur que je cache dans l’ombre,
Comme une nuit sans étoile.
Qui refuse de s’éclairer
Je marche avec ce poids au cœur,
Chaque jour, chaque instant,
Comme si mon cœur portait
Quelque chose de beaucoup trop grand pour lui.
Et puis tu arrives…
Sans prévenir,
Comme…une lumière dans le noir,
Comme si tout devenait plus simple,
Plus doux, plus respirable, plus…Lumineux
Avec toi, la douleur s’envole,
Assez pour illuminer mes journées
Pour que je me sente vivante,
Pour que je me sente légère.
Tu es cette lumière
Que je n’osais chercher
Celle qui éclaire mes nuits.
Sans même me brûler, juste m’apaise
Et quand tu es là,
Même le silence devient apaisant
Parce qu’il n’y a plus de souffrance,
Juste toi…ma lumière dans le noir.
Malak ZOUBIR
Lycée Henri 4, Béziers, élève de madame M. BERBIÉ
Je veux une vie
Je veux une vie en forme de cerisier en fleurs
Sur une colline pelée
Je veux une vie en forme de noyau
Pour pouvoir la recommencer
Je veux une vie en forme de livre
Pour pouvoir la raconter
En forme de coquillage ou de maison
En forme de stylo à plume
En forme d’hirondelle
D’ouvrier ou de rose
De chemin du désir
De poète en herbe ou de promeneur perdu
Je veux une vie en forme de toi
Et je l’aie, mais ça ne me suffit pas
Je ne suis jamais heureux
Luc LAMBLIN
Seconde 5, Lycee Jean Jaures, St Clément-de-Rivière (34)
Enseignant : M. Emmanuel Bergon
« Ce que le soir murmure »
Le ciel ralentit
comme un cœur fatigué
Les couleurs s’effilochent
en silence, dorées
L’orange devient braise
le rose devient fuite
Et le jour se déplie
puis doucement lévite
La lumière s’incline
révérence à Gaïa.
Elle laisse au silence
un royaume de soie
et tout devient calme,
et tout devient lent,
et tout devient,
presque absent.
Il n’y a rien à dire,
rien à retenir
Juste ce feu fragile
qui choisit de partir
Et dans ce dernier souffle
où le monde s’oublie,
le temps ferme les yeux
Et la nuit,
respire aussi.
Anouk Amiel,
Classe de Seconde, Lycée Jean Jaurès Saint-Clément-de-Rivière (34),
Enseignant: M. Emmanuel Bergon
Papa est un mot que je n’ai jamais dit
à celui qui est parti trop tôt
avant que je ne retienne son visage
Dis-lui sans un mot
Que je n’oublie pas
Le silence de ses pas
Et l’absence de sa voix
Les moments ratés ensemble
Me hantent profondément
Je garde seulement
Ce vide en moi
De son nom qu’on n’ose prononcer
Dis-lui - et ne pleure pas
Que j’ai grandi sans lui
Que j’ai appris à marcher seule
Appris à sourire parfois
Même quand ça fait mal
Pour cacher le manque
Et qu’il ne reviendra pas
Mais, peut-être qu’un jour
Même sans souffle
Je dirais son nom
Une seule fois
Juste pour voir
Si même morte
Quelque chose en moi
Se libèrera.
Maëlys Papa Rousset,
Classe de Seconde, Lycée Jean Jaurès Saint-Clément-de-Rivière (34), Enseignant: M. Emmanuel Bergon
Au bout de l’horizon
Dans ma valise je glisse un peu de liberté,
Un rayon de soleil et des rêves d’été.
J’emporte aussi les rires de ma famille,
Qui m’ont toujours guidée,
Des mots pleins d’amour doucement murmurés.
Je prends les souvenirs des repas partagés,
Les histoires du soir qu’on aime raconter, Les bras rassurants quand le cœur est serré, Et les nombreux regards que j’ai aimés.
Dans ma valise je glisse un peu de courage,
Pour commencer ce long voyage,
Traverser les rivages, les chemins et les villages, Et découvrir plein de nouveaux paysages.
D’où je suis, je vois la mer sous le ciel doré,
Les vagues doucement s’échouer au bord de mes pieds.
Au loin j’aperçois les montagnes aux sommets enneigés.
Sur cette route j’ai trouvé de belles amitiés,
Comme une lumière qui vient pour me guider.
Tous ces rires partagés au fil de ce long chemin,
Ces mots qui réchauffent mon cœur et mes mains.
Ensemble on regarde tous le même horizon,
On partage tous les mêmes rêves et saisons.
Car même très loin au bout de ce long voyage,
Ces amitiés restent ma plus belle découverte,
Et mon plus beau paysage.
Abigaëlle Broccato, Hassnaa El Aouni Aissaoui, Samira Boudchard-Malabrera
17 ans, Lycée Pablo Picasso, Perpignan
Enseignant référent : M. Laurent Puyatier, Professeur documentaliste
Agáta Mojžišová – Autant de portes
Je me suis réveillé, l´obscurité autour de moi,
Peut-être il a quitté mon foie.
J´ai passé ma vie avec l´alcool,
je me suis perdu, seul, comme un fol.
Soudain, je vois un homme devant moi,
il me demande si je veux vivre encore une fois.
Je le regarde, je suis choqué.
Il me dit que je ne suis pas condamné.
« Devant toi, il y a trois portes,
dans la première, tu n´es pas mort.
Tu peux revivre toute la vie,
tu peux renaître aujourd´hui.
Dans la deuxième, il y a le ciel,
c´est calme et doux comme le miel.
Dans la troisième, il y a l´enfer,
la douleur, la peur, la colère. »
Autant de portes autour de moi
et je ne sais pas laquelle est mon choix.
La vie me fait peur, je ne suis pas fort,
le ciel est beau mais c´est la fin du corps.
L´enfer me fait trop souffrir,
je reste ici sans savoir choisir.
Je ferme les yeux, je respire,
cette fois, dans ma vie, je veux rire.
Je vais vivre mieux cette fois,
l´alcool ne sera plus un problème pour moi.
« Je choisis la vie, je vais être puissant. »
Soudain, je suis un enfant,
libre et léger, plein de sentiments.
Agáta Mojžišová
16 ans, Gymnázium Matky Alexie, Bratislava, Slovaquie
Enseignante: Mme Zuzana Humayova
LE BANQUET
« Nous cherchons notre moitié perdue » dit Platon.
Le tumulte ici cache une étrange raison
Et quand l'heure est venue enfin pour mon entrée
Le banquet, pour moi seule, affiche son complet.
L'engrenage évident vient donc briser le sens
Je cultive en secret mes désobéissances
Chacun veut son trophée et son heure de gloire
Dans ce jeu de miroirs où s’efface l’espoir
Je préfère l'écart à leur ronde éphémère
Et guetter dans la nuit le bruit de la frontière
L'Histoire crie dans le vide et l'ombre se répète
Quand l'oubli s'installe au milieu de la fête.
L'Homme
Sous l'apparence
A les mêmes fêlures.
Le banquet nous sépare
Et devient la clôture.
Pourquoi cherchons-nous donc une autre existence
Quand la nôtre, en secret, attend notre présence ?
Justine Chauvel
16 ans, Lycée Georges Pompidou Castelnau-le-lez (34)
Vagues d’émotions
Ressentir tout, partout, devient presque un fardeau.
Pensées envahissantes raisonnent en écho.
Mes yeux, ces vitraux somptueux remplis d’eau salée,
me noient dans un vaste océan trop tourmenté.
Ces pensées se soulagent sur le papier blanc,
l’écume douce apaise le tourbillon violent.
La poésie angélique comprend mes songes,
posant des métaphores sur ce qui me ronge.
Les sensations m’inondent, me plongent, me blessent
et débordent. Les émotions reniées m’oppressent.
Trop vulnérable, excessive et à fleur de peau,
mon cœur est la fleur que mes larmes arrosent trop.
J’observe chaque détail sur le sable d’or,
Poésie contient mes pensées dans une amphore.
Une vague intense éclabousse mon esprit,
et, à la surface, s’échoue la nostalgie.
L’écho envahissant de mes pensées résonne ;
Ce déferlement de sentiments me passionne
Se libérer d’une profonde catastrophe,
quand, de mon encre émergent les sublimes strophes.
Lou Estève
16 ans, classe de seconde, Lycée François Arago Perpignan
Enseignante : Mme Mireille Catalano